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Difficiles premiers pas sur le marché de l'emploi

Se retrouver au chômage (chose assez fréquente), c’est l’un des pires cauchemars des jeunes Marocains fraîchement diplômés. Si tous doutent, certains ont évidemmment plus d’atouts pour décrocher un travail dans les délais. Reste à savoir si l’emploi en question sera à la hauteur de leurs attentes.

C’est la croix et la bannière pour les jeunes diplômés en quête d’un premier emploi au Maroc. Leurs difficultés sont dues en grande partie au fait qu’ils ne sont pas suffisamment préparés au cours de leur cursus à formuler une demande d’emploi ou à subir un entretien d’évaluation de candidature. «Certains d’entre eux ont des carences en culture générale malgré leur diplôme bac+4 ou +5. Ces carences ne les aident pas à formuler, de façon intelligente, leurs souhaits», explique Bouchaïb Serhani, DG du cabinet Gesper services RH. Ce sont généralement les licenciés de l’enseignement supérieur marocain et certains bac+4 du privé qui sont le plus en difficulté. A côté, les lauréats des écoles d’ingénieurs marocaines (l’Emi, l’Insias, l’Insea, l’Iscae, les Encg, etc), intègrent facilement le marché de l’emploi, avec des postes correspondant à leur profil et dans des délais tout à fait raisonnables. Pareil pour les jeunes diplômés des grandes écoles étrangères qui chôment rarement. «S’ils sont formés à l’étranger, ils éprouveront beaucoup moins de difficulté. Ces lauréats venant de l’étranger sont plus appréciés puisqu’ils disposent du minimum requis pour occuper un poste compatible avec leur formation», affirme le directeur de Gesper Services RH.
Néanmoins, les jeunes diplômés en difficulté peuvent se faire aider par les cabinets de recrutement. Cette prestation offerte gratuitement est surtout exploitée par les lauréats des grandes écoles marocaines et étrangères. «Les autres demandeurs le font moins souvent, soit parce qu’ils ignorent cette possibilité soit de crainte de devoir payer le coût de la prestation», révèle Serhani. Or, le code du travail, dans son article 480, interdit aux prestataires en recrutement de se faire payer par les demandeurs d’emploi. Le coût reste à la charge de l’entreprise cliente du prestataire.
Trouver un emploi n’est pas le seul souci des jeunes diplômés. Ceux qui sont sur le marché n’ont pas toujours de fonctions à la hauteur de leurs attentes et aspirent parfois à des postes à responsabilités. Or, il leur est difficile d’être exigeants sachant qu’ils manquent d’expérience, ignorent quasiment tout du marché de l’emploi et n’ont pas suffisamment de connaissances sur l’entreprise qu’ils viennent d’intégrer. «Je pense que pour être exigeant, il faut au préalable avoir quelque chose à offrir en échange de ce que l’on exige. La logique voudrait que pour prétendre à quelque chose, il faut avoir à offrir une contre partie alors qu’un débutant ne peut offrir que ses connaissances de débutant dans un métier donné», explique le DRH. Idem pour les responsabilités. «Globalement, les jeunes diplômés ont beaucoup à apprendre et donc doivent s’abstenir d’être exigeants en termes de postes à responsabilités ce qui suppose rester ouvert afin d’apprendre un maximum», affirme le DRH. Ces paroles de sage sont loin de calmer l’ardeur de la nouvelle génération de jeunes diplômés qui raisonnent surtout en termes d’études prestigieuses, de compétences et non d’expérience.

M. D.


Bouchaïb Serhani

«Les jeunes licenciés… souffrent des délais trop longs à trouver un emploi»

 

Combien de temps mettent en moyenne les jeunes diplômés pour décrocher un emploi?


Le délai pour avoir un emploi est fonction de plusieurs facteurs, à savoir le type de formation et donc du diplôme, la réputation de l’établissement de formation, public, privé, national, étranger et le parrainage qui pourrait jouer le rôle d’accélérateur. Les jeunes licenciés forment une population qui souffre des délais trop longs à trouver un emploi. Ce dernier est généralement incompatible avec les prétentions des postulants. Les diplômés option scientifique sont moins vulnérables que les options lettres.

Quel est, selon vous, le meilleur moyen pour un jeune diplômé de trouver du travail?

Il faut se préparer. D’aborder élaborer un courrier postal. Les courriels ne sont pas assez développés au Maroc. Tout le monde n’utilise pas la toile de la même façon que partout, les e-mails sont rarement «accusés réception». Ce qui ne permet pas à l’émetteur d’être sûr que le destinataire a bien reçu son courriel, donc restons sur le moyen traditionnel, c’est-à-dire la poste. Pour notre part, nous recommandons une correspondance claire manuscrite ou pas, un CV succinct reflétant l’essentiel, le détail sera communiqué lors d’un entretien d’évaluation, si le profil du candidat intéresse l’entreprise. Eviter les photocopies, c’est le moyen le plus efficace pour se faire ignorer. Chaque courrier doit être personnalisé, c’est-à-dire se renseigner au préalable sur l’entreprise à qui le demandeur désire envoyer une demande d’emploi et sur le nom de la personne à qui le courrier sera destiné, généralement le DRH. Eviter de mentionner dans le courrier un poste souhaité de façon à ne pas fermer la possibilité de dialogue lors d’un entretien. La demande d’un poste préalablement arrêté pousse l’entreprise à répondre par la négative dans 99,99 % des cas, si elle répond. Rappeler dans la lettre de motivation que les justificatifs, copies de diplômes par exemple, seront remis à la demande.n

Propos recueillis

par Maïmouna DIA


 

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