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L’univers impitoyable des stagiaires

Véritables tremplins pour l’insertion sur le marché du travail, les stages sont aussi une vraie galère pour la plupart des étudiants.  Ces derniers, exploités, doivent souvent assumer seuls les charges qu’ils impliquent. Les conventions de stage n’y changent pas grand chose.

L’expérience, c’est ce que vous aurez de mieux sur votre CV  pour retenir l’attention du recruteur et vous distinguer des milliers de jeunes qui débarquent chaque année sur le marché de l’emploi. Mais, pour avoir ce privilège, c’est la croix et la bannière pour les étudiants qui, tout au long de leur cursus, doivent multiplier les stages. Très souvent non rémunérés et nécessitant un budget conséquent à la seule charge de l’étudiant, les stages constituent un véritable parcours du combattant. En effet, confrontés à de lourdes dépenses dont les frais de déplacement et de nourriture (déjeuner), les étudiants qui ne peuvent compter que sur l’aide des parents, doivent consentir à d’énormes sacrifices pour y parvenir.
La plus grande difficulté des stagiaires réside dans l’absence de rémunération pour la plupart d’entre eux. Contrairement à la France où tout stage de plus de deux mois est rémunéré par une gratification d’au moins 30 % du SMIC, le Maroc n’impose aucune charge aux entreprises, de manière générale. Seules quelques entreprises du privé accordent une indemnisation aux stagiaires. «Des rémunérations de stage de projet de fin d’études (Bac+5) sont prévues pour les étudiants dont les écoles ou universités ont signé une convention de partenariat avec notre banque. En dehors de ce cadre, des étudiants en stage PFE ou autre sélectionnés pour accomplir une mission spécifique utile à la banque sont également rémunérés», explique-t-on à la direction des ressources humaines d’Attijariwafa bank. Des rétributions qui dépassent rarement les 1.500 DH par mois pour la plupart des entreprises. La situation est d’autant plus difficile que le taux de recrutement de ces stagiaires est assez faible. Chez Attijariwafa bank, l’une des entreprises qui embauchent le plus au Maroc, la DRH confie à l’Economiste Magazine que «le pourcentage d’étudiants embauchés varie selon le niveau d’étude. Pour les diplômés DUT, Licence Pro et Master, il oscille autour de 20%. Pour les ingénieurs et lauréats des Grandes Ecoles de Commerce, il est un peu plus bas». On distingue trois types de stages qui sont le stage d’observation, d’application et de fin d’études. Cette dernière est généralement la plus critique pour l’étudiant. Plusieurs stagiaires en fin de cursus abattent des travaux considérables au même titre que les salariés sans aucune rémunération en contrepartie. Pire, ces jeunes qui cherchent avant tout à s’insérer dans le monde de l’emploi, ne sont pas sûrs que tous ces efforts leur garantissent une embauche dans l’entreprise par la suite. Les entreprises ont, en outre, des accords de partenariat avec plusieurs grandes écoles, instituts de formation et universités. L’étudiant y arrive de ce fait muni d’une convention de stage liant les trois parties que sont l’entreprise, le stagiaire et l’école ou l’université. Ce document, qui est essentiel, prévoit les conditions et la durée de travail ainsi que la rémunération, si nécessaire. Un engagement à trois rarement respecté à la lettre. Mais, il faut reconnaître qu’en dépit des nombreux déboires énumérés, les stages constituent une forte valeur ajoutée pour les étudiants. Ils leur offrent des occasions uniques de confronter leurs connaissances académiques au contexte professionnel. Idem pour les entreprises qui répondent à des besoins de renforcement ponctuels et repèrent également les candidats à fort potentiel et d’horizons divers. Une collaboration gagnant-gagnant en théorie.

M. D.
 

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